Un membre du comité Conservation : Anna Rozzi

Qui n'a pas rêvé devant les documentaires animaliers passant sur notre petit écran ?

Enfant, c'était devenu mon rendez-vous du dimanche. Le monde vivant me passionnait, la biologie au sens large m'intriguait, que ce soit l'infiniment petit comme l'infiniment grand. Mais le monde animalier me semblait n'être qu'un rêve, un rêve qui prenait de plus en plus de place au point de devenir, arrivée à la fac, une passion indissociable de mes activités.

Comment expliquer que d'une phobie enfantine pour l'image du loup que l'on nous donne dans les contines, on puisse passer à une passion démesurée pour cette espèce si emblématique, au point de revoir ses ambitions personnelles ?
Peut-être est-ce après avoir visionné l'excellent film « Un homme parmi les loups » ou lu le livre « Le cercle des loups » de Nicholas Evans,  les 2 contant l'histoire d'un(e) biologiste isolé(e) en pleine nature sauvage pour étudier et apprécier le mode de vie du loup.

Au même moment, je devais choisir ma spécialisation à la fac. Contrairement à ce que l'on pourrait penser, je n'ai pas choisi d'être éthologue mais généticienne, plus précisément, de me spécialiser dans la génétique des populations indispensable en biologie de la conservation pour étudier l'état des populations d'espèces et d'appréhender leur avenir.

Puis vint mon coup de cœur au moment où je finissais mon DEA portant sur les Primates : les lémuriens.
Ma curiosité me poussa à me renseigner sur ces petits animaux qui avaient attiré mon attention et dont l'état des populations sauvages était alarmant. Je décidai donc, après mon DEA, de rester volontairement au sein de mon laboratoire d'accueil afin de développer un projet de recherche sur la conservation d'une espèce de lémurien, le propithèque à couronne dorée (Propithecus tattersalli), espèce pour laquelle aucune étude n'avait encore était faite pour s'assurer de la viabilité des populations bien qu'étant en statut très critique d'extinction. Après un séjour de 2 mois à Madagascar, j'ai pu mettre en place une collaboration avec une ONG malgache œuvrant déjà sur place pour impliquer les populations locales à la préservation de leur région. Ce projet a été poursuivi par un étudiant en thèse et est actuellement entrain de porter ses fruits.
Le rêve était devenu réalité. Je pouvais enfin dire : je me suis un peu senti Dian Fossey !

Cette expérience-ci m'a ouvert les yeux quand à mes réelles ambitions : Travailler dans la biologie de la conservation et réussir à rétablir un contact entre les associations ou ONG qui travaillent sur le terrain, la recherche qui apporte toutes les preuves scientifiques sur l'urgence de la situation, et les parcs animaliers oeuvrant d'un côté pour la sensibilisation du public et de l'autre côté pour la conservation ex-situ. Les trois me semblent indissociables.
Je n'ai donc pas continué dans la recherche, mais j'ai tout naturellement bifurqué vers les parcs animaliers, qui sont les structures les plus à même à sensibiliser le public de tout ce qui se passe en biologie de la conservation.

Aujourd'hui je rejoins le Comité conservation AFSA car je pense qu'il est important de rétablir un contact entre tous les auteurs de la conservation. Si nous voulons avancer, il faut travailler ensemble. Les auteurs de terrain, associations comme chercheurs, sont indispensables pour faire connaître les réelles données de terrain aux animaliers ; ces derniers sont le lien direct avec le grand public, c'est eux les précurseurs du message concernant la conservation de notre biodiversité et le meilleur moyen de faire connaître les actions des hommes de terrain.

Anna Rozzi

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