L'AFSA à Villars les Dombes et la Tête d'Or

20 Juillet 2009 - 21 Juillet 2009

AFSA dans les parcs au Parc des Oiseaux (Villars-les-Dombes) et au Jardin Zoologique de la Tête d’Or (Lyon) les 20 et 21 juillet 2009

Cinq membres du bureau étaient présents : Nathalie, Anthony, Guillaume, Sébastien et Virginie. Se sont joints à eux quatre adhérents: Fabien Kurek (Reynou), Joël Piquet (Centre de réintroduction des loutres et des cigognes), Anaëlle Poncet (ex-Colony et future Vendôme), et Clara Prud'Homme (Parc des Oiseaux). Nous sommes très heureux d’avoir pu les rencontrer durant ces 2 jours !

Parc des Oiseaux à Villars-les-Dombes :

Arrivés en fin de matinée, nous avons été accueillis par Eric Bureau, le vétérinaire du parc. Après une brève rencontre avec les soigneurs le midi, nous sommes partis visiter en nous donnant rendez-vous après le spectacle des oiseaux, en fin d’après-midi avec l’équipe du Parc des Oiseaux.

La forêt tropicale, nouveauté 2009, est le premier bâtiment de la visite. C’est au milieu d’une « forêt » de troncs d'arbres, dans une atmosphère humide, que nous découvrons la plus grande collection de toucans d’Europe : toucans à bec caréné (Ramphastos sulfuratus), toucans toco (Ramphastos toco), toucans ariel (Ramphastos vitellinus), toucans de Swainson (Ramphastos swaïsonii), toucans à bec rouge (Ramphastos tucanus). C'est l'heure du nourrissage, nous observons ces oiseaux magnifiques un long moment.

Nous entrons ensuite dans la nurserie du parc. Il y a là de nombreux jeunes et nous assistons au nourrissage de jeunes perroquets, toucans et autres calaos. Les soigneurs se cachent derrière un rideau et nourrissent à l’aide d’une pince « tête d’oiseau » pour éviter l'imprégnation. Une vidéo sera prochainement en ligne sur le site AFSA, comité « soin et gestion ».

Dans la zone Amérique du sud se trouve la grande volière du Pantanal. Seize espèces différentes évoluent ensemble dans cette grande volière humide. Les oiseaux, dont les grands aras hyacinthe (Anadorhynchus hyacinthinus), sont en contact direct avec les visiteurs; les oiseaux ne se rapprochent pas du public, ils sont perchés à plusieurs mètres de hauteur. Une passerelle nous permet d'aller à leur rencontre au sommet des arbres.

A la sortie, le décor change et le paysage devient aride à l’image des côtes sud du Chili. On arrive dans la crique des manchots de Humboldt (Spheniscus humboldti). Le spectacle est très réussi surtout sous le soleil du mois de juillet ! Une machine à vague se déclenche régulièrement pour offrir aux manchots des moments de jeu dans les vagues. De grandes dalles leurs permettent de se reposer hors de l’eau. Une vision sous-marine permet également de profiter des animaux sous l’eau. Nous sommes tous émerveillés par cette partie du parc !


Après une collation nous allons au spectacle d’oiseaux en vol : grues royales (Balearica regulorum), bernaches du Canada (Branta canadensis), aras militaires (Ara militaris), cacatoès rosalbin (Eolophus roseicapilla), calaos terrestres d’Abyssinie (Bucorvus abyssinicus) font partis d’une animation très pédagogique sur les oiseaux et leurs capacités sensorielles. A la suite du spectacle nous rencontrons les soigneurs et visitons les coulisses. L’AFSA n’est pas encore bien connue au Parc des Oiseaux de Villars-les-Dombes. Nous laissons donc les documents habituels. L’idée d’un colloque AFSA « oiseaux » dans ce parc nous vient en constatant la richesse du travail des soigneurs dans ce parc qui est particulièrement avancé dans la conservation des oiseaux en captivité. Ce serait vraiment l’occasion d’un réel échange de savoir entre passionnés de ce secteur animalier bien spécifique !

Le parc participe à une quinzaine de Programmes Européens d’Elevage (EEP) dont celui du vautour moine (Aegypius monachus), de l’ibis chauve (Geronticus eremita), du goura de Scheepmaker (Goura scheepmakeri) et du pélican frisé (Pelecanus crispus).

L’étang des pélicans, fort vaste, accueille la plus grande colonie de pélicans frisés au monde. Le but est d’élever un grand groupe afin d’assurer la pérennité de l’espèce.

En fin de journée nous faisons le tour de « la petite Dombes » au coeur de la réserve Naturelle. La faune locale n’est pas au rendez-vous mais le site naturel et ses marais nous offrent un paysage magnifique.

Pour conclure cette journée nous nous rejoignons au restaurant du parc pour discuter avec quelques soigneurs. Ils nous confirment qu’en tant que parc « spécialisé » l’idée ne leur était pas venue de rejoindre l’AFSA mais qu’ils pourraient éventuellement donner des conseils et échanger dans leur domaine ! Encore des rencontres enrichissantes pour tous ! Nous ne nous lassons pas d’aller à la rencontre des soigneurs, surtout dans un cadre aussi agréable !

Jardin Zoologique de la Tête d’Or à Lyon :

Nous étions attendus par Pascale Ceselli, ex vice-présidente de l’AFSA, qui a eu la gentillesse de nous accompagner toute la journée. Pascale est actuellement responsable de la pédagogie et était il y a quelques années soigneur au sein de ce parc. Elle nous explique pour l’anecdote qu’elle a été une des premières femmes soigneur dans les années 80.

Eric Plouzeau, directeur vétérinaire du jardin zoologique, nous rejoint afin de nous accueillir et de nous présenter le parc. Il s’éclipse ensuite et nous retrouvera en fin de journée pour la fin de la visite des coulisses.

Nous avons rendez-vous avec l’équipe des soigneurs à 12h30. En attendant nous entamons la visite par le bâtiment des girafes (Giraffa camelopardalis). Construit en mélèze non traité, il est de forme elliptique. Le parc ayant la chance de posséder des arbres plusieurs fois centenaires, ce bâtiment assez haut se fond dans le paysage. Respectant la philosophie du parc (gestion durable des ressources naturelles) aucun bois exotique n’a été acheté pour la construction de ce bâtiment. L’éclairage intérieur se fait de manière naturelle. Les loges intérieures ont une surface de 250 m2.

La plaine africaine, ouverte en 2006, offre un spectacle magnifique et un enclos vaste et tranquille pour les animaux : cobes de Mrs Gray (Kobus megaceros), watussis (Bos taurus watusi), grues couronnées (Balearica regulorum), flamants roses (Phoenicopterus roseus roseus), pélicans blancs (Pelecaus onocrotalus) et crocodiles du Nil (Crocodylus niloticus) évoluent sur plus de 2 hectares. L’idée est de ne pas surcharger la plaine (seulement une quinzaine de mammifères) et d’obtenir une profondeur de champs (vue sur plusieurs enclos en arrière plan). Trois types d’environnements sont représentés : la savane, la zone humide et la forêt tropicale.

Pascale nous explique que pour elle l’enrichissement le plus efficace est la mixité d’espèces au sein d’un même enclos. La mise en contact des animaux de la plaine s’est faite en scindant la zone en bandes transversales permettant de sortir les animaux sur les différents secteurs tout en restant séparés mais en contact visuel.

Les oies et canards peuplant la plaine africaine ont été élevés par les soigneurs animaliers du parc, les oeufs ayant été incubés artificiellement.

Différents substrats sont proposés aux animaux : structure en dur pour que les animaux usent leurs sabots, herbe, sol meuble, sable et une grande étendue d’eau pour que les animaux puissent s’immerger.

Des blocs de pierres de granite arrondis provenant de Lozère, issus de l’érosion des anciens glaciers, ont été disposés dans la plaine tels qu’ils avaient été trouvés sur le terrain afin d’offrir un aspect naturel à la plaine.

Nous rencontrons ensuite les soigneurs et présentons l’AFSA sur grand écran. Peu d’entre eux connaissent l’association. Nous leur laissons quelques documents ainsi que les coordonnées du site internet. Nous espérons les rencontrer prochainement lors des évènements AFSA !

Après le repas nous poursuivons avec l’enclos des servals (Leptailurus serval). Celui-ci a été créé à partir de plusieurs anciennes loges. Sa particularité est la qualité de la vitre qui est totalement anti-reflet, fabriquée à partir d’un verre testé dans cet enclos et pas encore commercialisé pour le moment. La vitre passe alors totalement inaperçue.

La primaterie a été entièrement rénovée : vitres remplaçant les grillages, mulch sur le carrelage au sol, agrès pour les singes arboricoles, réunification de petites loges offrant plus d’espace. Un gros travail de plomberie a été effectué afin de remplacer le système précédant qui laissait l’eau s’écouler en continu ce qui permet une économie non négligeable ! Eric nous explique aussi que le mulch permet également une économie d’eau en évitant de laver au jet d’eau les loges tous les matins. A noter que le jardin zoologique a obtenu en 2005 une certification environnementale « ISO 14001 » qui vise à réduire les impacts sur l’environnement.

Dans l’après midi nous assistons à la session de training des éléphants d’Asie (Elephas maximus) avec la présence des soigneurs (3 pour cette session) et du chef soigneur. Notre présence ne perturbe pas les éléphants. Les animaux savent donner les pieds, les oreilles en contact protégé à travers un mur de travail.

Dans les coulisses des ours à lunettes (Tremarctos ornatus) nous abordons le sujet de la sécurité : Eric Plouzeau est en train de mettre en place un système de clés dont on reparlera plus en détail lors d’une prochaine conférence AFSA !

Nous visitons également l’intérieur de la fauverie qui n’est plus ouverte aux visiteurs, où se trouvait également le vivarium. Eric nous parle de Ksabi, lion de l’Atlas (Panthera leo leo) mâle, anesthésié il y a peu de temps afin de comprendre pourquoi il ne se reproduisait pas depuis des années. La femelle étant décédée il y a peu de temps de vieillesse, l’équipe et surtout le capacitaire aimerait savoir s’il serait intéressant de faire venir une nouvelle femelle. Cette espèce n’existe plus qu’en captivité : il resterait entre 50 et 100 individus, qui ne seraient pas tous de sang pur. Il est important de garder le patrimoine génétique de ce lion, pour contribuer à maintenir la sous-espèce. Malheureusement les résultats ne sont pas favorables : le lion est aspermique.

Le parc est également un centre de récupération des tortues de Floride (Trachemys scripta elegans), où il y a environ 1000 de ces tortues dans cet enclos d’environ 1000m². Ce dernier est à la hauteur pour récupérer toutes les tortues de la région. Ceci permet de participer activement à la préservation des milieux et des espèces en sensibilisant le public aux conséquences de l’abandon de ces animaux dans le milieu naturel.

Nous abordons enfin le sujet d’une pathologie ayant atteint 4 des 5 zèbres de Grévy (Equus grevyi) présents lors de l’ouverture de la plaine africaine : la myopathie atypique. Eric nous explique que le zoo de Lyon est le premier à avoir été touché par cette maladie, sans danger pour l’homme, qui a débarqué en 2006 en France dans les élevages de chevaux. Cette maladie impressionnante foudroie l’animal en quelques heures en attaquant les muscles et les reins. Le problème est que l’on ne sait pas par quoi ces animaux ont été contaminés.

En 2009, l’AFSA a décidé d’aller à la rencontre des équipes de soigneurs des parcs du sud de la France ! Cette première escale en région Rhône-Alpes nous donne envie de continuer vers le sud à l'automne!

Un grand merci à Clara qui a eu l'idée de nous proposer lors du colloque du PAL de venir à la rencontre de l’équipe du Parc des Oiseaux de Villars-les-Dombes! N’hésitez pas si vous aussi avez envie d’accueillir quelques membres de l’association, faîtes vous connaître sur le forum ou en écrivant aux membres du bureau : contact@afsanimalier.org

Un grand merci également aux équipes qui nous ont accueillis!